Comment détecte-t-on l’innumérisme ?

Avant le CE2, il n’est pas possible de dire si un enfant est « bon en maths » ou non. Il est encore moins pertinent de parler d’innumérisme avant l’âge de 12 ans, dans la mesure où ce terme est adapté pour des élèves ou des personnes censés maîtriser l’ensemble des techniques opératoires (addition, soustraction, multiplication, division).

 

Avant cela, il s’agit tout de même de veiller à ce que l’enfant apprenne à compter et calculer correctement, et donc d’être attentif, le cas échéant, aux signes d’un mauvais apprentissage. Au CP, un enfant doit savoir assez rapidement compter jusqu’à 15. En cas de difficulté, encouragez-le à compter sur ses doigts et ne cédez pas s’il trouve que « ça fait bébé » ; il est d’ailleurs possible qu’il ne sache pas correctement compter en s’aidant de ses doigts, par manque d’agilité par exemple ! De la même façon, l’enfant qui boude et s’obstine dans son erreur ou bien qui répond au hasard en attendant qu’on lui donne la solution risque de ne pas bien assimiler les bases de la numération et du calcul. Il est enfin important qu’il comprenne que, comme pour la lecture, on apprend à compter et à calculer en se trompant. Il faut essayer, se tromper, recommencer et s’entraîner régulièrement.  Rien ne vous empêche, et au contraire, de compléter les exercices faits en classe par des jeux à la maison : on peut s’amuser à compter le nombre de gâteaux qui restent dans la boîte, le nombre de champignons cueillis dans la forêt…. Ou encore, demandez par exemple à votre enfant de compter à rebours, d’ouvrir son livre à la page numéro 19, ou de deviner le nombre auquel vous pensez, qui, par exemple, est plus petit que 20 et finit par 7. Laissez-le payer chez le boulanger : combien de pièces de 1 euro pour arriver à 5 ? Enfin, apprendre par cœur et voir et revoir les tables d’addition, écrire les chiffres le plus correctement possible l’aideront à asseoir des automatismes précieux.

 

Mais lorsque compter et calculer n’ont pas été bien acquis, et que les étapes suivantes n’ont pas pu se succéder dans de bonnes conditions, l’innumérisme peut être détecté.  Pour cela, on peut se fier aux indices suivants :

 

  • Concernant un élève relevant d’innumérisme, on constate tout d’abord que les difficultés de calcul sont manifestes alors même que la lecture ne pose pas de problème.
  • Ensuite, si l’addition est le plus souvent maîtrisée, ce n’est pas le cas des concepts liés aux trois autres opérations.
  • De façon logique, les techniques opératoires nécessaires à ces mêmes opérations ne sont pas non plus maîtrisées : l’élève ne sait pas poser une soustraction, une multiplication, une division…
  • Lorsqu’il a recours à une calculatrice, il utilise les différents symboles d’opération de façon aléatoire ; en effet, il n’est pas capable de les distinguer entre eux et a fortiori d’utiliser celui qui est utile à la résolution d’un problème.
  • En effet, fondamentalement, un élève ou une personne relevant de l’innumérisme ne sait pas, à partir d’un énoncé verbal d’une ou deux lignes, choisir la bonne opération parmi les opérations de base. Par exemple, pour le problème suivant «Vous utilisez 30 g de poudre, pour laver 12 kg de linge. Quelle est la quantité de poudre utilisée pour chaque kilogramme de linge ? », l’élève ne saura pas recourir à une division.
  • Quand il s’agit de compter ou de calculer, on perçoit une hésitation au voisinage de 70, dizaine qui présente des irrégularités (soixante-et-onze, soixante-douze…)
  • Le système positionnel, dans lequel la valeur d’un chiffre dépend de sa position, n’est pas forcément compris : distinguer le chiffre des centaines, des milliers ou, mieux, savoir que dans « 132,23 », le 3 est le chiffre des centièmes reste difficile voire impossible.
  • Quelle que soit l’opération nécessaire, et même pour des nombres peu importants, le calcul mental n’est pas ou rarement utilisé.
  • Enfin, de façon plus générale, l’élève a tendance à « oublier » ce qu’il a appris en mathématiques, car ses connaissances ne sont pas fixées par des représentations claires, des images mentales ; conséquemment,  il lui est difficile de suivre les étapes d’un raisonnement abstrait.

 

Bien sûr, suivant le niveau scolaire de la personne ou de l’élève, tous ces critères ne se retrouvent pas forcément. Il est également important de se souvenir que l’innumérisme n’est pas lié à une incapacité à apprendre et que donc la situation, quelle qu’elle soit, est évolutive. L’innumérisme, s’il est avéré, ne doit pas être vécu, par l’élève ou les parents, comme une fatalité ou un échec irrémédiable.

Le 12 sept. 2011
 
 
 
 
 
Acadomia

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dernier message le 18 févr. 2015, par sysdream:

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