Différences entre innumérisme et dyscalculie

La dyscalculie et l’innumérisme sont deux termes très en vogue pour expliquer les difficultés en calcul. En quoi la dyscalculie, considérée comme un trouble de l’apprentissage, serait-elle différente de l’innumérisme ?

« La dyscalculie est un dysfonctionnement d’origine neurologique chez certains sujets entrainant des difficultés en calcul. Notre association oppose l’innumérisme au terme de dyscalculie. Pour nous, il n’y a pas de réalité du terme dyscalculie qui ne concerne que très peu de sujets », explique le fondateur de l’Association de lutte et de prévention contre l’innumérisme. En effet, « la prévalence de la dyscalculie serait inférieure à 1,5% » poursuit-il, alors que 13% des élèves de CM2 « faisant partie d’un groupe d’élèves en grande difficulté » seraient susceptibles d’être touchés par l’innumérisme, explique une note du ministère de l’Education nationale(1). «Près de la moitié de nos élèves à la fin du collège ne maîtrisent pas la multiplication et la division dans les problèmes arithmétiques », surenchérit Michel Vigier dans un rapport de 2010. « Certains analystes estiment qu’une personne sur deux relève ou a relevé de cette situation», confirme la note du ministère.

Et du côté des adultes ? « J'ai estimé que 3% de la population française adulte (de 18 à 65 ans) présentait un profil compatible avec une dyscalculie, c'est-à-dire que les personnes concernées sont faibles en calcul mais significativement meilleures en français », explique le chercheur et professeur de psychologie Jean-Paul Fischer, lequel précise : « le concept d’innumérisme est préférable au concept de dyscalculie dans la mesure où le dysfonctionnement cérébral et, a fortiori, l'origine génétique sont difficiles à établir ».

Selon Claire Meljac: « l’innumérisme ne touche pas plus de monde que la dyscalculie. Il s’agit de la même chose. Il y a deux écoles qui s’affrontent en brandissant deux mots différents ». Mais attention, pour elle, il ne faut pas confondre enseignement inadapté et innumérisme ou dyscalculie. Selon elle, ces termes seraient galvaudés pour justifier les causes d’une réalité non moins alarmante : « ce sont peut-être les programmes qui sont trop exigeants, ou l’enseignement qui est mal fait ! Il faut réfléchir avec sa tête et non avec les statistiques ! Peut-être que la mauvaise formation des maitres pour restriction budgétaire explique cette augmentation des cas d’innumérisme ! ».

(1)    Note du ministère de l’Education nationale http://www.education.gouv.fr/cid54824/une-nouvelle-ambition-pour-les-sciences-et-les-technologies-a-l-ecole.html

Le 12 sept. 2011
 
 
 
 
 
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dernier message le 18 févr. 2015, par sysdream:

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