Ecole / La peur du prof, de la note et du redoublement

La note en France ? Pour l’auteur de On achève bien les écoliers et journaliste américain Peter Gumbel : « Ce système d’évaluation est illisible ! 13/20 c’est quoi ? Une très bonne ou une très mauvaise note : cela dépend du prof ! Deuxièmement, tout est basé sur la moyenne. L’important c’est d’avoir 10. Et le 10 n’est ni plus ni moins qu’un instrument de sélection. Au lieu de former les enfants, on les sélectionne. Dans la pédagogie moderne, on sait que les évaluations sont très importantes, mais c’est aussi un outil pour encourager et pour stimuler l’élève. Troisièmement pourquoi ne peut-on pas donner une excellente note, un 20/20 ? Pour toutes ces raisons, ce système d’évaluation casse et affecte. »

Pour autant, la note récemment remise en question par l’Association de la fondation étudiante pour la ville (AFEV) dans son appel à la suppression des notes (http://suppressiondesnoteselementaire.org/ ), a soulevé un débat intense et houleux. La note au primaire est un vestige d’une école qui classait ses élèves très tôt, car l’école était obligatoire jusqu’à 12 ans. Ailleurs, dans des pays plus performants que la France en matière éducative, c’est entre 11 et 12 ans que les élèves commencent à être notés.

Selon Peter Gumbel, « il faudrait rendre le système d’évaluation français plus lisible et plus encourageant, avec une échelle sur 5 : excellent, bon, satisfaisant, mauvais, insuffisant. Et chaque élève pourrait alors comprendre sa marge de progression. Et ce serait ainsi beaucoup plus utile qu’un 13/20.» Car, dans une période où les enfants s’investissent dans le travail scolaire pour faire plaisir à l’adulte, une mauvaise note impacte de manière indélébile sur l’estime de soi et la confiance de l’élève. Et si pour cette raison de très nombreuses écoles primaires n’utilisent plus cette mesure d’évaluation, les défenseurs de la note restent nombreux. Culturel, cet indicateur de niveau rassure à la fois les parents et certains professeurs, car il s’agit d’un héritage de leur propre parcours scolaire. Par ailleurs, pour les plus fervents partisans de la note : s’en séparer, serait participer au délitement de l’institution.

 
Le 5 janv. 2011
 
 
 
 
 
 
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