Ecole / Un système élitiste qui malmène son élite

«  71 % des élèves en France sont régulièrement « sujets à de l’irritabilité. 63 % souffrent de nervosité. Un sur quatre a mal au ventre ou à la tête une fois par semaine. 40 % se plaignent d’insomnies fréquentes. » Ces chiffres, Peter Gumbel, l’auteur de On achève bien les écoliers –un livre plaidoyer pour plus d’empathie vis-à-vis de l’élève, les scande pour mieux pointer du doigt le fait que le système éducatif français peut mieux faire en terme de bien être de ses élèves.

Ces symptômes de l’élève en souffrance peuvent apparaitre tout au long de la scolarité, mais chez les meilleurs c’est souvent sur le tard qu’ils font irruption quand les portes d’un établissement de prestige ou d’une prépa s’ouvrent. Une exception française pour le moins étonnante : « c’est une stratégie réfléchie et pensée qui est extrêmement surprenante. On arrive en classe préparatoire, on est déjà un bon élève, on avait de bonnes notes au lycée. Et tout de suite on est mis dans une situation de difficulté avec un 3 ou 4/20 d’entrée de jeu.  Pourquoi ? Pour être préparé pour le concours. C’est un système fait pour casser, pour sélectionner. Je comprends que les concours soient très importants, mais cette manière de faire est spécifiquement française. C’est du bizutage intellectuel », s’indigne l’auteur également professeur à Sciences Po. « Aux Etats-Unis, l’intelligence de l’élève est valorisée. Si on se pose la question de savoir pourquoi l’élite française est aussi étroite : c’est pour cela. Les concours, la peur et l’angoisse qui vont avec durant les années qui pour ces jeunes devraient être les plus belles de leur vie… C’est une méthode digne d’un entrainement militaire. »

 
Le 5 janv. 2011
 
 
 
 
 
Acadomia