Elève/ Zoom sur les troubles de l'apprentissage

En France, 10 à 15% des élèves scolarisés souffriraient de troubles de l’apprentissage. Dyslexie, dysorthographie, dyscalculie, dysphasie, dyspraxie ou troubles de l’attention, bien que mieux connus du grand public, laissent encore place aujourd’hui à de malencontreuses confusions. Les enfants touchés par ces troubles ne présentent pas de handicap sensoriel ni de retard intellectuel.

Christelle Laribeau est orthophoniste spécialiste des « dys ». Elle s’attache avant toute chose à rappeler que « ce ne sont pas des maladies, mais des troubles ou des retards. Chaque mot a un poids pour les enfants et les parents concernés : une maladie ça s’attrape. Un retard, pour certains, c’est quand on est débile. Un trouble, c’est plus neutre mais on ne comprend pas toujours que ça peut être un trouble important…et ne parlons pas du handicap ! »

A l’école, ces enfants sont encore souvent considérés comme « turbulents », « perturbateurs », « peu attentifs », « paresseux ». Des appréciations en décalage avec la difficulté de suivre un enseignement conçu pour une « majorité » dont ils ne font pas partie.  « Il est temps de casser cette vision trop passéiste d’un élève rêveur et paresseux qui n’arrive pas à se concentrer et écrit comme un cochon quand on parle d’un dyslexique », poursuit l’orthophoniste.

« J’en ai encore rencontré un la semaine dernière, en CM2, catalogué inattentif depuis toujours alors qu’il est dyslexique. C’est un enfant très futé et volontaire qui a réussi à suivre jusqu’ici malgré sa dyslexie. Aujourd’hui il  souffre de son étiquette de rêveur inattentif, car lui seul sait tous les efforts qu’il doit fournir pour compenser ses difficultés de lecture, sa lenteur, les mots confondus, avec toujours ce sentiment de ne pas être sûr d’avoir lu le bon mot, de faire un contresens… De quelle concentration il a besoin au contraire ! Pour tout : lire le livre, le tableau, les consignes… ; il doit fournir tellement d’efforts pour faire ce que les autres font naturellement, que par moments, il ne tient plus et décroche, il rêve… Les journées sont longues pour les dyslexiques ! »

Et cette non reconnaissance de l’effort fourni n’est pas sans conséquences. « L’échec scolaire ou les grosses difficultés à l’école entraînent une perte d’estime de soi, une déstabilisation. Certains enfants vont jusqu’à s’amputer de leurs capacités car ils ont des compétences non reconnues par le système scolaire», explique Delphine Rouyer, psychologue spécialiste des troubles de l’attention.

 
Le 5 janv. 2011
 
 
 

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