Famille / Le noyau dur de la réussite scolaire

Quand l’environnement social fragilise l’enfant-élève

L’environnement social est central dans les conditions d’apprentissage de l’enfant. Une étude menée par Pascale Poulet-Coulibando, il y a dix ans, confirme la dimension discriminante de l’absence de diplôme des parents, d’une fratrie nombreuse et l’impact du non-emploi ou de la profession des parents sur la réussite scolaire de leur enfant, qu’elle passe par l’obtention d’un diplôme de niveau CAP ou par la poursuite des études à l’issue de la scolarité obligatoire. Cette étude souligne également que le contexte monoparental, les bas salaires et le logement social sont significativement plus fréquents parmi les non qualifiés que parmi les sortants de niveau CAP.

« Le chômage des proches et le statut de travailleur pauvre distinguent les sortants sans qualification des sortants de niveau  CAP. (…) L’emploi d’un des parents, qu’il s’agisse du père ou de la mère, réduit considérablement les risques d’abandon précoce ». Selon une étude de l’INSEE (1) les différences de réussite selon l’origine sociale se mesurent  sensiblement à la fin du collège. 78% des enfants d’ouvriers atteignent la troisième générale, mais seulement 42% d’entre eux parviennent au second cycle général et technologique des lycées (contre 91% des enfants de cadres et d’enseignants). Cette injustice veut qu’un enfant de cadre et d’enseignant ait 14 fois plus de chances d’avoir son bac qu’un enfant d’ouvrier.

Et de la même façon que la situation socioprofessionnelle des parents influe sur les conditions d’apprentissage, l’environnement géographique et les conditions de logement sont également cités comme facteurs discriminants entre le parcours scolaire d’un enfant vivant dans un quartier « difficile » et celui d’un autre,  résidant lui dans un quartier plus cossu. « Résider dans un quartier d’habitat social augmente le risque d’abandon précoce, quelles que soient les caractéristiques de la famille », explique un article de la revue Diversité(2). « L’immigration n’est pas en soi un facteur augmentant les risques d’échec. Ce sont les conditions sociales associées (chômage plus fréquent des parents, fratrie importante, logement social) qui sont responsables des fréquences élevées de sorties sans qualification, non le fait que les jeunes aient immigré ».

 
Le 5 janv. 2011
 
 
 
 
 
 
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