Filière sport : les stratégies gagnantes

Votre enfant pratique un sport depuis tout petit et rêve d’en faire son métier ? Contrairement aux idées reçues, dans ce domaine il n’y a pas de professionnalisation possible sans formation. Le point sur cette filière pour l’aider à concrétiser son projet.

Tenue de jogging, basket aux pieds, votre ado passe le pas de la porte l’air illuminé. Il a eu la révélation : sa carrière, il la fera dans le sport. Avant d’aller dans son sens ou de la rabrouer, estimez sa motivation et son sens des réalités. Considère-t-il que le sport le dispensera de ses études ? Vers quel métier envisage-t-il s’orienter ? Est-il sûr d’avoir un niveau suffisant ou une solide passion pour faire de son loisir sa profession ? La filière sport est un secteur porteur qui emploie plus de 300 000 personnes en France, toutes activités confondues. Entraîneur, prof d’éducation physique et sportive, organisateur d’événements sportifs, responsable de rayon dans un magasin de sport ou athlète de haut niveau. Le choix de la professionnalisation est aussi large qu’inégal en termes de débouchés.

Des débouchés multiples

Trois grandes catégories englobent différentes options de professionnalisation. La compétition l’attire ? Les places sont chères pour devenir athlète de haut niveau. Ce statut réservé aux compétiteurs internationaux ou aux espoirs nationaux est d’un rare élitisme : seules 7 000 personnes en France en bénéficient. A défaut de garantir un salaire, il permet d’aménager les horaires du cursus scolaire ou universitaire de l’athlète. Mais heureusement, l’univers de la compétition ne se limite pas aux compétiteurs. Arbitres, entraineurs, journalistes sportifs et plus rares, kinés et médecins du sport sont autant de métiers indispensables au bon déroulement des meetings. Chacune de ces professions nécessite une connaissance approfondie de la discipline choisie.

Le premier des réflexes est de tester la motivation de votre enfant, qui doit être sans faille, car dans ce monde : on mange, on respire, on vit pour et par son sport. Il penche plutôt pour l’enseignement ou l’éducation sportive ? Si les perspectives de débouchés sont maigres pour les candidats au Capeps (en 2008, seules 400 places nationales étaient ouvertes pour devenir professeur d’EPS), les métiers d’animateur de loisirs, d’éducateur sportif, de moniteurs ou de coachs, eux, sont très demandés. Les clubs privés comme associatifs ou les collectivités territoriales recrutent régulièrement. Et pour cause : 50% des Français de plus de 15 ans pratiquent une activité sportive. S’il y a de la demande : il y a donc de l’offre.

Il possède des qualités de communicant ? Le sport fait appel à de nombreux acteurs souvent ignorés ou négligés par le grand public. Attaché de presse, gestionnaire de club, responsable événementiel ou marketing, et même vendeur d’articles de sport : nul besoin d’avoir un palmarès olympique pour se lancer dans l’un de ces métiers.

Motivation, persévérance et … études !

Pour décrocher un emploi dans le secteur, il faut bien sûr être motivé et s’entraîner régulièrement, mais surtout suivre une formation (Voir dans la pratique). Il est inimaginable de confier son enfant à un bon nageur qui ne possède pas de diplôme pour lui apprendre à nager. Dans le sport encore plus qu’ailleurs, il y a des règles de sécurité et de responsabilité. Pas question donc que les intervenants sportifs ne soient pas formés. Et pour se faire, deux choix sont possibles. Les brevets ou diplômes d’Etat du ministère des Sports forment, selon des critères pratiques, des animateurs spécialisés, des entraîneurs ou des gestionnaires. Ces diplômes sont délivrés par des centres agréés par le ministère (voir le saviez-vous). Mais la voie royale reste l’université. Sa filière Sciences et techniques des activités physiques et sportives (STAPS) délivre des diplômes universitaires plus théoriques qui permettent une orientation vers toutes les professions du secteur. Les métiers de kiné, de médecin du sport ou de journaliste sportif, quant à eux, nécessitent des formations spécifiques en école ou en faculté.

Passe ton bac d’abord !

Votre grand pensait que le sport le dispenserait de passer son bac : c’est raté ! En dehors de rares exceptions, il est obligatoire de posséder ce sésame pour prétendre aux différentes formations, notamment s’il souhaite intégrer une licence Staps. En 2008, 7800 bacheliers ont choisi ce cursus universitaire. 40% d’entre eux avaient un bac S en poche. Pour cause ? Le tronc commun de la première année d’études laisse une grande place aux sciences. Y sont étudiés les sports, mais aussi les maths, l’anatomie, la psychologie ou encore la sociologie. Et pour décrocher sa première année, il est conseillé d’avoir suivi une formation scientifique au lycée. Mais n’importe quel  bac général peut suffire, si l’étudiant est très motivé et apprécie ces matières. En revanche, le niveau est plus difficile pour les bacheliers issus de terminales professionnelles ou techniques. Ces derniers pourront choisir un Deust ou une licence pro, spécialisés dans le sport et proposés dans différentes universités, pour se professionnaliser ou préparer leur intégration en Staps dans un second temps.

Staps à la loupe

Cinq licences sont proposées en Staps. Celle réservée aux futurs enseignants Education et motricité est la plus ancienne, mais c’est surtout celle qui offre aujourd’hui le moins de débouchés. En revanche, les spécialisations Activités physiques adaptées (qui permet de travailler en centre de rééducation ou en maison de retraite), Entraînement sportif (pour devenir entraîneur), Management du sport (pour s’orienter vers les métiers de commercial ou de manager) et Ergonomie du sport (pour concevoir des équipements sportifs) sont en pleine expansion. Au regard des statistiques, mieux vaut chasser les idées reçues sur cette filière longtemps dévalorisée. Selon l’Ofup 97% des titulaires d’une licence Staps ont un emploi trois ans après la fin de leurs études.

Faire son choix le plus tôt possible

La filière sport, en raison des nombreuses formations qu’elle propose, permet à chacun de faire le choix d’une orientation adaptée. Pour les bons élèves, à l’aise dans les matières scientifiques, la filière Staps permet d’ouvrir l’horizon des possibles. Pour les autres, les formations Jeunesse et sport restent plus accessibles. Si votre enfant sportif choisit de vivre de sa passion, n’hésitez pas à l’encourager à passer ses brevets le plus tôt possible, même s’il décide de poursuivre par la suite des études universitaires. Car si le sport est bien une école de la vie, c’est aussi un formidable atout pour votre enfant d’ajouter des cordes à son arc… professionnel.

Héloïse Léon

Le 6 juin 2011
 
 
 
 

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