Interview de Marine Vignes

Est-ce facile pour vous de concilier votre vie de parent et votre vie professionnelle ?

En général, c’est assez fluide. Mais ça dépend des moments. Certains sont plus simples que d’autres. J’ai justement persévéré dans ce métier parce que je gagne correctement ma vie tout en travaillant de façon « modulable ». Je peux aménager mon temps…. En plus, ma fille aînée est en garde alternée depuis qu’elle a 5 ans. Alors, quand elle était petite, je cumulais les enregistrements quand elle était chez son papa. Et les semaines où je l’avais, j’étais tous les jours devant l’école à 16h30. J’aime justement ce métier parce qu’il me permet de ne pas en être l’esclave. C’est une vraie qualité !

 

Est-ce que vous avez l’impression que vos filles ont souffert ou souffrent aujourd’hui du temps que vous consacrez à votre activité professionnelle ?

Non, pas spécialement. Je viens justement d’enchaîner trois mois de dingue… Mais cela s’est bien passé parce que mon mari est assez présent. J’ai aussi la chance d’avoir autour de moi ma mère. Et la tante de mon mari, qui est ultra-disponible, qui dort sur le canapé s’il le faut. Plus une formidable baby-sitter. Ce qui me facilite la tâche, c’est aussi que mes filles ne sont pas très angoissées. Peut-être parce que je discute beaucoup avec elles. Quand on répond à leurs questions, la graine de l’anxiété ne prend pas. Elle est tuée dans l’œuf ! Avant de la vivre, j’ai beaucoup redouté cette période, ces trois mois d’absence non-stop. Je me disais « Comment vont-elles tenir le coup ? ». Mais je me suis rendue compte que les enfants ont une grande capacité d’oubli. Quand ils vous revoient, ils effacent tout, même si l’absence a été longue. En fait, ça a été presque plus dur pour moi que pour elles. Maintenant, je me détends, j’arrive au bout du tunnel…

 

 Est-ce que vous avez un souvenir particulier d’une situation où votre métier vous a empêchée d’être avec vos enfants dans un moment très important pour eux ?

Oui, malheureusement, ça m’arrive souvent ! L’an dernier, je n’étais même pas là pour l’anniversaire de Tess. Mais je lui ai tout simplement expliqué qu’on ferait une grosse fête quand je rentrerais. Je ne suis pas mis la rate au court-bouillon et tout s’est bien passé !

 

Ce manque de temps passé avec elles a-t-il influencé l’éducation que vous leur avez donnée ?

Quand je ne suis pas beaucoup là, c’est vrai que j’ai tendance à être un peu plus relax sur ce que j’attends d’elles. Mon mari me le reproche assez ! Tant qu’elles ne dépassent pas un certain seuil, j’arrondis les angles… Mais je suis une sorte de cocotte-minute. Quand c’est trop, j’explose. Et je crois que j’ai, malgré mon côté cool, une certaine forme d’autorité.

 

Qu’est-ce que votre métier vous a apporté de bénéfique par rapport à vos enfants ? Vous a-t-il permis de transmettre certaines valeurs ?

Une des principales qualités de cette profession, c’est d’éveiller la curiosité… En plus, elle m’a permis de toucher à plein de domaines différents : le jeu, le divertissement, le magazine… Mes filles sont sereines parce elles constatent que je suis épanouie. Parce que cela apporte une sacrée confiance en soi d’être bien dans son travail !

 

Vos filles veulent-elles faire le même job que vous ?

Évidemment, oui ! Enfin, surtout la plus petite, qui rêve d’être « journaliste pour Téva »… Il faut dire qu’elle a souvent été mise à contribution dans mon émission sur cette chaîne. Quand il fallait faire intervenir un enfant dans le programme, plutôt que de faire des castings, on l’a sollicitée! J’anime l’émission depuis qu’elle a trois ans et demi. Elle voit toute l’équipe de tournage autour d’elle ; elle s’est habituée à cela. La grande, elle, préfèrerait être styliste. Ca doit être parce qu’elle coupe le cordon….

Propos recueillis par Bénédicte Flye Sainte Marie

Le 4 juil. 2011
 
 
 
 
 
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