Kumon : une méthode miracle pour apprendre les maths ?

La méthode Kumon cartonne outre-Atlantique et permettrait à chaque élève de bâtir une solide culture mathématique. Mais doit-on y voir une méthode miracle pour autant ?

C’est une méthode peu connue en France mais qui fait fureur outre-Atlantique. La méthode Kumon porte le nom de son fondateur Toru Kumon. Ce professeur de mathématiques Japonais aurait été inspiré par son fils, passablement mauvais en maths, pour développer une technique d’apprentissage en calcul visant à permettre d’intégrer les notions fondamentales en respectant le rythme de chaque élève. Cette méthode fonctionne par paliers : l’élève doit avoir assimilé parfaitement une notion et prouver sa maitrise à l’occasion de tests mettant à l’épreuve sa rapidité d’exécution pour passer au palier suivant. Surtout, la pratique régulière, voire quotidienne d’une gymnastique mathématique est demandée par les « instructeurs » : « tout comme la pratique d’un sport ou d’un instrument de musique, on doit étudier chaque journée pour assurer la réussite académique. Les étudiants complètent des exercices quotidiens pour renforcer leurs techniques d’étude et pour maintenir leurs habiletés. » 

Et cette formule semble fonctionner au regard du succès qu’elle suscite aux Etats-Unis et au Canada. Pour autant, il ne s’agit pas d’une méthode miracle, mais d’une technique pédagogique faisant appel au bon sens et à la logique.

« Le tout est de respecter les étapes d’apprentissage en mathématique. Et pour chaque apprentissage, il faut : un exemple concret, une image mentale et une généralisation. Le problème des maths : c’est le blocage. Si une notion n’a pas été assimilée : aucune notion suivante ne pourra l’être », confirme Michel Vigier, fondateur de l’association de lutte et de prévention contre l’innumérisme qui développe également des outils et méthodes pédagogiques pour les enseignants en mathématiques.  

Selon le professeur de psychologie à l’université de Nancy 2, Jean-Paul Fischer : « aucune "méthode" ne peut faire de miracle. Il faudrait surtout créer un état d'esprit différent qui nécessiterait un changement de culture, comme ne pas "valoriser" des déclarations du type '"je n'ai jamais rien compris aux maths". »  D’après lui, l’implication des parents est tout aussi essentielle dans le procédé d’apprentissage. « De manière plus positive, poursuit-il, il faut impliquer les parents ou l'entourage des enfants pour relayer le travail fait à l'école: les enfants vont moins d'un dixième de leur temps de vie à l'école et, compte-tenu des horaires de mathématiques, cela fait qu'ils consacrent moins d'un cinquantième de leur temps de vie au calcul à l'école. Les logiciels et jeux motivants, en favorisant la répétition, constituent des outils qu'il convient d'utiliser. Pour des sujets plus ardus, comme la résolution de problèmes verbaux, il faut certainement un complément humain. »

Le 12 sept. 2011
 
 
 
 
 
Acadomia

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dernier message le 18 févr. 2015, par sysdream:

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