Les différentes manières d'intégrer une filière

Choisir une filière dans le supérieur c’est compliqué, parfois même angoissant, pour les élèves de terminale. Ils sont 700 000 à devoir se projeter dans leur avenir d’ici au 20 mars, date butoir de l’inscription post bac. C’est le moment de mettre en perspective son projet professionnel et de ne pas baisser les bras !


Tout a commencé en seconde, lorsqu’il a fallu choisir sa spécialité pour le bac. Facilités, prestige d’une filière, rêve professionnel : autant d’arguments qui conduisent les lycéens à faire un premier pas vers l’orientation post bac. Mais le principe de réalité ne coïncide pas toujours avec le projet initial…  « Souvent, les parents considèrent que la filière S mène à tout. Mais il faut bien comprendre qu’un élève qui n’est pas fait pour être en S et qui se retrouve avec un dossier moyen ou mauvais ne pourra pas être admis dans les filières sélectives scientifiques. », explique Marie-Gabrielle Charaix, conseillère d’orientation chez Acadomia. C’est le cas d’Hugues qui partageait avec son père le rêve de faire Centrale et qui passe son bac S cette année: « en fait aujourd’hui, je m’aperçois à la fois que je n’ai pas un dossier suffisamment bon pour intégrer une prépa, du coup je suis un peu perdu : est-ce que je vais faire le choix d’une université, est-ce que je vais tenter des écoles d’ingénieur moins prestigieuses ? Franchement je n’en sais rien ».


Porosité des filières

Marie Gabrielle Charaix est rassurante pour les jeunes qui, comme Hugues, se retrouvent désarmés à l’heure de ce choix crucial. « Ce qui est extrêmement positif aujourd’hui, c’est qu’il y a énormément de filières sélectives qui proposent des quotas en admission parallèle. Quand un jeune est passé par un bac +2, quel qu’il soit, car son dossier ne lui permettait pas d’entrer en prépa, il peut tout à fait entrer dans une grande école grâce à ces quotas. Il est donc important de rester positif : ce n’est pas parce qu’un dossier n’est pas bon que toutes les portes se referment », explique-t-elle.

 

Filières courtes ou longues

Il s’agit en premier lieu de faire le point sur l’ensemble des voies qui s’ouvrent dans les études supérieures : BTS (en 2 ans), DUT (en 2 ans), licence (en 3 ans), études dans le secteur médical (entre 5 et 11 ans), classes prépa (en 2 ans), grandes écoles (entre 2 et 7 ans), IEP (en 5 ans) ou écoles spécialisées (entre 2 et 6 ans). Filières courtes ou longues ou encore filières d’excellences, toutes doivent être envisagées en mettant en perspective son projet professionnel et ses capacités de travail (méthodologie, autonomie, capacités d’assimilation).  Certains ne supporteront pas la compétitivité d’une prépa, d’autres n’auront pas l’énergie de mener à terme une première année de médecine en raison de la charge de travail, d’autres encore ne sauront pas s’organiser de manière autonome dans une université. Le rôle du parent est à la fois d’aider son enfant à découvrir l’ensemble des voies, mais aussi de savoir quelle filière sera adaptée à son projet et à sa personnalité.

 

Attention au décrochage !

Car le danger d’une orientation hésitante dans le supérieur : c’est le décrochage. 15% d’étudiants du supérieur inscrits dans le premier cycle se réorientent. Selon Marie-Gabrielle Charaix ce phénomène s’explique par plusieurs raisons « de plus en plus de jeunes obtiennent leur bac par surprise sans avoir réfléchi à leur admission post bac (APB). L’APB est très précise et très codifiée ce qui entraine nombre d’erreurs. Lorsqu’une voie n’a pas été choisie, les cours n’intéressent pas forcément. Il y a de plus en plus d’incertitudes et une absence d’information avant le bac qui entrainent des non choix ».

L’échéance des inscriptions post bac qui s’achève fin mars s’inscrit donc comme une priorité pour les terminales. Mais il est courant que cette orientation soit hésitante, le projet d’orientation n’ayant pas été suffisamment mûri en amont. Il faut alors prendre conscience que la première année dans le supérieur risque d’être difficile et qu’il est important de reprendre les choses en main le plus tôt possible si c’est le cas. Car le temps en matière d’orientation est toujours compté.  « L’orientation est ponctuée d’échéances qui ne changent pas d’une année sur l’autre : c’est l’admission post bac entre janvier et mars. Dans le cas d’une réorientation, il est important de sublimer la période creuse par des stages, par un petit job afin de gonfler son CV. Trop souvent les jeunes oublient qu’à partir de la licence, le CV se construit, se nourrit pour justifier ces moments de doute. Ces moments de doute sont courants et normaux mais les recruteurs ont horreur du blanc dans le CV », insiste Marie-Gabrielle Charaix.

 

Héloïse Léon

Le 6 janv. 2012
 
 
 
 
 
 
Acadomia

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dernier message le 18 févr. 2015, par sysdream:

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