Orientation : quel est le rôle des parents ?

Ni trop ingérant, ni totalement désinvesti. En matière d’orientation, l’attitude exemplaire du parent est un subtil point d’équilibre entre ces deux abîmes. Mais il est difficile de trouver sa place lorsque, voulant bien faire, père et mère sont parfois tentés de prendre des décisions à la place de leur enfant ou au contraire, par principe de liberté, de le laisser seul face à ses choix.

« De nombreux acteurs ont un rôle à jouer dans l’orientation d’un jeune : le professeur principal pour la partie purement scolaire, le conseiller en orientation, expert dans ce domaine, mais aussi le parent qui connaît bien son enfant et pourra l’écouter et le guider dans ses choix » comme l’explique Delphine Mehallel, spécialiste orientation chez Acadomia. Mais si le marché de l’orientation prolifère, inventant de nouvelles offres aux valeurs ajoutées, nul ne remplace le rôle primordial du parent qui reste un acteur incontournable.

 

Une prise en compte integrale de l’enfant

L’orientation réussie est celle qui sait intégrer le plus grand nombre de paramètres concernant l’enfant. « Tous les aspects de sa vie doivent être pris en compte », explique Delphine Mehallel. Et que l’on ne s’y trompe pas, les notes n’en sont qu’une partie. « Il s’agit bien évidemment de la scolarité, des matières qu’il affectionne particulièrement, de sa manière de travailler, mais aussi de ses loisirs, de ses centres d’intérêts et de son environnement amical au sens large », poursuit-elle. Et s’ils doivent être pris en compte, c’est avant tout parce que « tous ces éléments peuvent aider à dessiner sa personnalité, et donc à construire un projet adapté à cette dernière ».

 

Accepter et valoriser l’enfant tel qu’il est

Si le rôle du parent est irremplaçable, c’est avant tout parce qu’il est probablement seul capable d’aimer l’enfant de manière inconditionnelle, indépendamment de ses résultats scolaires et autres performances. Le seul à continuer à croire en l’enfant, lorsque tous désespèrent. Et l’une des fonctions parentales est justement de construire l’estime de soi de leur enfant. « La chose la plus importante est d’aider nos enfants à sentir qu’ils ont une valeur, car c’est sur ce sentiment qu’ils peuvent construire leur confiance en eux », explique Gérard Roudaut, directeur de la maison de l’orientation. D’autant que « le collège puis le lycée correspondent à une période de construction de soi au cours de laquelle nos enfants sont fragilisés, note le spécialiste. Toute remarque devient pour eux jugement et remise en cause ». C’est une période au cours de laquelle la patience et les encouragements sont essentiels. Pour le reste, place aux spécialistes.

 

Prendre du recul face à sa propre histoire

Quoique bien intentionnés, les parents ont tendance à projeter leur histoire personnelle sur celle de leur enfant quand la question de l’orientation se pose. Mais chaque personne a son propre parcours. « Nos enfants sont toujours intéressés par notre expérience d’adulte, pourvu qu'on n'en fasse pas la seule référence possible », expliquent Pascale Marmara et Jeanine Over de Linden, auteurs de Orientation : aidons les jeunes à construire leur avenir (Éditions Diateino).
« Dans un contexte socio-économique mouvant où ses repères changent, le parent est renvoyé à sa propre histoire, ses possibles insécurités et des attentes souvent inavouées dont  le jeune est consciemment ou inconsciemment porteur, expliquent les fondatrices d’Option Avenir.  Il plaque ses croyances, parfois obsolètes, et son histoire sur un système qui évolue très vite, dont il connaît mal les filières. Le jeune face à sa propre histoire se trouve donc aussi face à celle de ses parents, voire celle de ses frères et sœurs. »
Le parent ne doit pas oublier que ce qui est central, c’est l’intérêt  de l’enfant. « Il doit être investi dans l’orientation de son enfant, montrer qu’il y porte de l’intérêt, être à l’écoute de ses questionnements, essayer de le conseiller en s’informant avec lui, tout en ayant le recul nécessaire pour ne pas projeter en lui ses propres ambitions ou désillusions. Le désir de l’enfant doit être au cœur du projet, pas le désir du parent », conclut Delphine Mehallel.

 

Marie Bernard

Le 19 déc. 2011
 
 
 
 
 
 
Acadomia