Comment aider son enfant durant ses années de prépa ?


Etre accepté en classe préparatoire est une satisfaction voire une fierté pour l’élève comme pour sa famille, mais peut vite devenir un sujet d’inquiétude : la vie en prépa serait un « enfer », un bagne.

 

Même si cette idée doit être nuancée, les années passées en classe préparatoire peuvent être véritablement éprouvantes, tant physiquement que psychologiquement. Quel rôle les parents peuvent-ils jouer pour atténuer les difficultés que rencontrera leur enfant ?

Les décisions prises en amont de l’entrée en classe préparatoire sont importantes et doivent donc être bien réfléchies. Le choix de l’établissement est tout d’abord une question essentielle. Gardez en mémoire que l’admission en classe préparatoire ne repose que sur des critères scolaires et ne tient pas compte d’une possible vulnérabilité psychologique. Or, si faire une classe préparatoire ne fragilise pas nécessairement, elle reste un facteur de stress important. Donc, même si les résultats de votre enfant le permettent, il n’est pas forcément indiqué de choisir une prépa extrêmement réputée : un élève brillant mais peu confiant en ses moyens aura peut-être intérêt à s’inscrire dans une prépa proche de chez lui, plutôt que de viser une grande prépa parisienne ;  pouvoir rentrer régulièrement chez soi peut être un moyen de mieux supporter la pression.

 

Il ne s’agit pas non plus de se censurer : beaucoup d’élèves hésitent à s’inscrire en prépa, surtout lorsqu’ils sont issus de milieux modestes. Aidez votre enfant à prendre objectivement conscience de ses atouts, assistez-le dans la recherche des informations sur l’établissement visé, invitez-le à se rendre sur des forums, à discuter avec d’anciens préparationnaires, enfin emmenez-le aux journées "portes ouvertes" organisées dans les lycées. C’est le meilleur moyen de valider son choix, d’apprivoiser son nouvel environnement et de s’y adapter plus facilement le moment venu.

Clarifiez les motifs qui ont conduit votre fils/fille ou vous-même à privilégier une classe préparatoire plutôt qu’un autre cursus. Il ne s’agit pas de faire une prépa pour de mauvaises raisons, notamment parce que cela correspond aux attentes des parents : désir de revanche sociale, atavisme familial (les aînés sont tous passés par là…). De plus les années de prépa ne sont pas un aboutissement en soi, elles ne font que « préparer » à différents concours : cette orientation doit avant tout correspondre à une ambition suffisamment précise et personnelle, sans quoi l’élève aura du mal à donner du sens à tous ses efforts. Il est donc essentiel de se projeter rapidement au-delà des ces deux années : quel concours ou quelle école s’agit-il de viser, et ce pour quel avenir professionnel ? N’hésitez pas ici à faire appel à un spécialiste de l’orientation.

 

Les conditions d’hébergement, et plus largement les facteurs extrascolaires, contribuent de façon décisive, selon de nombreux enseignants de prépa, à l’échec ou à la réussite d’un élève. Choisissez ainsi, dans la mesure du possible, un lieu de vie agréable, calme, et surtout proche de l’établissement afin d’éviter d’alourdir des journées déjà bien chargées par de trop longs temps de transport. Le choix de l’internat, s’il est possible, peut être une excellente option : ne pas se retrouver seul le soir face à l’abondance des devoirs ou à ses doutes, pouvoir nouer plus facilement des liens d’amitié avec ses camarades aide à lutter contre des découragements passagers.


Veillez à ce qu’il puisse conserver certains de ces loisirs (pratique d’un sport, d’un instrument de musique…) et qu’il n’abandonne pas peu à peu tout ce qui lui permettait de se changer les idées au lycée. Savoir prendre le temps de lever le nez des livres est primordial, car les années de prépa sont un marathon, pas un sprint : aidez-le à bien intégrer cette idée.



Le premier trimestre est souvent le plus éprouvant : le rythme de travail est beaucoup plus soutenu qu’au lycée et surtout les notes sont souvent bien inférieures à ce qu’elles étaient. Un élève qui n’avait encore jamais connu l’échec peut se retrouver, et ce malgré le travail consenti, en queue de classement lors des premiers concours blancs. Soyez plus particulièrement présent lors de cette période délicate : aidez-le à relativiser, à ne pas se décourager mais aussi invitez-le à remettre en question ses méthodes de travail : peut-être réussissait-il au lycée sans trop forcer… Chouchoutez-le pendant les premières vacances dont il pourra profiter : obligez-le à souffler un peu pendant les premiers jours, faites des choses ensemble, changez d’air…

 

Si, malgré tout, les résultats ne sont pas au rendez-vous, et s’il faut se résoudre à une réorientation, ce temps passé en prépa ne doit pas être vu comme un échec. Tout d’abord, les possibilités après les classes préparatoires sont nombreuses : des accords passés avec les universités permettent aux étudiants d’entrer directement en 2ème ou 3ème année de Licence si le travail a été sérieux. Ensuite, changer de cursus ne signifie pas renoncer aux études ou au métier envisagés, pour peu que l’on ait défini en amont un projet précis, qui autorise les « itinéraires bis ». Quoi qu’il en soit, votre enfant retirera de cette expérience une meilleure connaissance de ses goûts, de ses compétences et de ses limites, et aussi, souvent, des amitiés durables.

 
 
 
 
 
Acadomia