regards d'experts

L'autorité

5 avr. 2011

Rencontre avec Rémy Guilleux

Parcours Bibliographie

 

Rémy Guilleux, vous êtes administrateur de l'Unaf ?(Union nationale des associations familiales), les associations de famille font-elles remonter à l'échelle nationale  des difficultés pour les parents d’en découdre aujourd’hui avec la notion d’autorité ?

Oui d’emblée ! Les familles rencontrent des difficultés vis-à-vis de la notion d’autorité et cela pour plusieurs raisons. Dans la seconde partie du siècle dernier, les parents ont cherché à comprendre leur enfant, en oubliant peut-être qu’il fallait aussi l’éduquer. Et éduquer c’est ne pas oublier la réalité de son environnement, c’est tenir compte du fait que dans l’éducation il y a aussi une notion de frustration et d’effort.

Aujourd’hui, les parents sont désemparés pour vivre leur rôle au quotidien et l’on revient à cette nécessité d’éduquer. Alors, oui, il y a eu une évolution de la notion d’autorité. Oui, il y a des besoins exprimés de renouer avec celle-ci. Et oui, les parents recherchent des lieux et de nouveaux outils pour ce faire, des lieux d’échange et de partage. Il n’y a qu’à observer le nombre de lieux d’écoute à la parentalité qui se développent pour faire ce constat.

Pour ces parents, quelle est la définition de l’autorité ?

Chez les parents et les jeunes parents en particulier, il y a un souci profond de respecter la singularité de l’enfant. Cette intention a fait oublier à la plupart qu’éduquer, c’est transmettre des valeurs socles, des repères, sur lesquels l’ensemble des adultes s’appuient. Or éduquer, c’est avoir un message cohérent autour d’un projet éducatif réfléchi.

Et comment ?

Pour cela, il est temps de redéfinir les termes d’une alliance concrète des adultes qui entourent les jeunes d’aujourd’hui. Ainsi, il est important que les parents et les professeurs aient le même regard sur l’école, car nous en sommes arrivés à un point où les professeurs se sentent bafoués dans leur travail et où les parents se sentent remis en cause, accusés d’une perte du sens des responsabilités. Il est nécessaire de retrouver une relation apaisée entre ces deux acteurs majeurs de l’éducation et ce, dans le respect du rôle de chacun. Cette démarche ne peut se faire que dans une intention de dialogue autour d’un projet éducatif partagé, pour que les savoirs de l’école trouvent un écho à la maison.

S’il y a deux éducateurs majeurs, parents et école, à qui revient la responsabilité de l’éducation des enfants ?

Pour l’Unaf, les parents sont les premiers éducateurs de leurs enfants. C’est au sein de cette communauté d’adultes que l’enfant va trouver ses repères. Si l’école éduque, c’est une éducation à la collectivité. L’école, c’est l’éveil des consciences, l’accès à la connaissance. À l’Unaf, nous essayons de reconstruire cette relation parents-enseignants. Car c’est dans le dialogue que l’on renforcera l’autonomie des parents et de l’école, pour que chacun puisse jouer pleinement son rôle, pour que les jeunes puissent se cogner à des adultes debout.

 
 
 

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